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© Laurencine Lot


Martin Lamotte
reprend “La Danse de l’albatros” au théâtre Montparnasse
Pierre Arditi parti vers de nouvelles aventures théâtrales, c'est Martin Lamotte qui a repris au pied levé le rôle du zoologiste misanthrope de "La Danse de l'albatros". Une nouvelle couleur comique dans la palette déjà bien fournie de l'acteur...
"C'est un misanthrope ordinaire, pas méchant, qui ne parle que par clichés sur la vie, la mort et la coiffure, comme aurait dit Coluche. Mais derrière cela, il y a une amertume, c'est un homme qui a beaucoup souffert, et c'est une forme de défense pour lui que de râler en permanence. Sa vie est un drame mais il aime ça !", explique Martin Lamotte à propos de son personnage dans La Danse de l'albatros, ce zoologiste quinquagénaire amouraché d'une jeunette. "Par certains côtés, je m'en sens assez proche : comme lui, je suis un peu râleur... De toute façon, on a tendance à ramener ses personnages à soi, à les nourrir de ce qu'on est. Donc je l'aime bien, même s'il ne fait que des bêtises et gâche la vie de son entourage." Pour ce rôle repris au vol à un Pierre Arditi parti jouer L'Idée fixe au Théâtre Edouard VII, Martin Lamotte a choisi de ne pas s'inspirer de la façon dont son prédécesseur l'avait créé. "J'ai vu la pièce deux fois alors que je ne savais pas que j'allais la jouer, simplement parce que je la trouvais formidable, comme ce que faisait Pierre. Mais quand on m'a demandé de reprendre le rôle, il n'était pas question de se laisser influencer. Je ne me suis laissé guider que par le metteur en scène. C'est une expérience curieuse, car c'est une création sans en être une : il y a quelqu'un qui est déjà allé reconnaître le terrain, donc on tâtonne moins, même si on va dans une autre direction. Alors que le texte n'a presque pas changé, c'est une pièce différente : la mise en scène est différente, les personnages sont différents, le sens de la pièce est donc différent. Ce que je voulais, c'était créer des rapports plus chaleureux entre Thierry, le zoologiste que j'incarne et les autres personnages, ses deux fiancées, sa sœur et son copain, et cela pour mieux justifier sa mauvaise humeur permanente et éviter de le rendre antipathique."

"Quand on sort d'un spectacle où l'on a fait rire une salle, on est en pleine euphorie"

C'est donc une nouvelle couleur comique, mordante, cruelle, caustique, que l'acteur explore avec cette pièce. "Je ne lâcherai jamais la comédie, c'est ce qui me fait vibrer. J'aime entendre les gens rire dans un théâtre, c'est un plaisir énorme, c'est grisant, c'est une drogue le rire. Quand on sort d'un spectacle où l'on a fait rire une salle, on est en pleine euphorie, en pleine forme. Et puis j'ai la volonté de ne pas gommer mon image de comique, je trouverais ça lâche de renier ce qui m'a nourri, ce serait une forme de trahison du public. Peut-être que je suis très prétentieux, mais je ne me sens pas le besoin de prouver que je suis un grand acteur en jouant des tragédies. Je suis sûr que je peux jouer les deux, mais mon plaisir c'est de faire rire."
Portrait par Didier Roth-Bettoni
Paru le 21/03/2007

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