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© Robert-Emmanuel Espalieu


Mélanie Doutey
Dans “Confidences trop intimes” au Théâtre de l’Atelier
Patrice Leconte fait passer du grand écran à la scène les "Confidences trop intimes" de Jérôme Tonnerre. Pour susurrer ces secrets à l'oreille du conseiller fiscal qu'elle prend pour un psy (Jacques Gamblin), il a fait appel à l'une des jeunes comédiennes les plus prometteuses du moment : Mélanie Doutey.
Trois ans après sa nomination au Molière de la révélation théâtrale pour L'Éventail de Lady Windermere, revoici donc Mélanie Doutey sur les planches avec une pièce adaptée d'un film, ces Confidences trop intimes qui sont une sorte d'idéale transition entre le cinéma où on l'a beaucoup vu ces derniers temps, et le théâtre dont la passion l'habite depuis ses premiers pas au Conservatoire. Elle avait d'ailleurs déjà joué le mélange des genres en 2005, mais dans l'autre sens, en interprétant à l'écran la très moderne Cécile inventée par Musset dans Il ne faut jurer de rien ! Elle avait apporté à ce personnage cette modernité, cette énergie, mais aussi cette légèreté pleine de détermination qui caractérise tous ses rôles et qui est pour beaucoup dans le succès de Clara Sheller, la série télé qui l'a imposée au grand public en 2004. Enfant de la balle comme on dit, fille de comédiens (Alain Doutey et Arièle Séménoff), Mélanie, si elle a pu avoir des doutes sur son désir de reprendre le flambeau, n'a pas hésité longtemps. "C'est difficile, mais cet héritage existe aussi dans d'autres métiers : il n'y a pas que chez les acteurs que l'on hérite de la passion de ses parents ! L'entrée au Conservatoire m'a confirmé que je voulais et que je pouvais faire ce métier. Le Conservatoire n'est pas une référence ni une obligation mais, pour moi, ça me validait comme actrice."(1)

Très vite à sa sortie de l'école, le cinéma la happe. Les rôles deviennent vite conséquents, comme la Guillemette apprenant le secret des plantes dans le Moyen Âge du Frère du guerrier ou la jeune femme découvrant les lourds secrets de famille cachés par Chabrol dans sa Fleur du mal. Elle traverse avec beaucoup de grâce et de sensualité ces univers si différents. C'est toujours avec le même charme et la même précision de jeu qu'elle s'essaie à tous les emplois, douce fille de président (Président), employée embarquée lors d'un terrifiant week-end d'entreprise (Fair play) ou brillante publicitaire rattrapée par l'amour telle qu'on la découvrira le 17 mars dans la comédie chorale Ma place au soleil. Un éclectisme qu'elle revendique ("Le métier de comédienne, c'est la variété") et qui lui ressemble, elle, lectrice de Stefan Zweig et spectatrice de Sex and the City, amoureuse des grands textes du répertoire et des registres les plus contemporains. Par tous ces aspects, elle est décidément une jeune femme moderne : "Je ne sais pas si je suis moderne : je suis de mon temps. Je n'ai pas forcément le désir de m'imposer dans le moment présent, j'ai plutôt envie de m'imposer dans mon métier, envie de durer."

Confidences pour confidences
La pièce


Trois ans tout juste se sont écoulés depuis que Sandrine Bonnaire a confié ses peines à Fabrice Luchini devant la caméra de Patrice Leconte. Et voilà que renaît cette étrange relation entre une jeune femme dont le couple bat de l'aile et le terne expert-comptable qu'elle prend, à la suite d'un quiproquo et d'une erreur de porte, pour le psy avec lequel elle avait rendez-vous. D'autres visages ont pris la relève, et le théâtre a remplacé le cinéma, expérience pour le moins inhabituelle (en général, les textes émigrent plutôt dans l'autre sens), mais à laquelle se prête bien ce huis clos construit sous forme de saynètes au fil desquelles évolue la relation de ces deux personnages meurtris par la vie et qui vont apprendre ensemble à se reconstruire. Si la trame est la même, si l'adaptation reste finalement très proche du film d'origine, on assiste tout de même sur le plateau de l'Atelier à un glissement subtil vers plus de légèreté et moins de noirceur. Comme si les acteurs avaient nourri Anna et William de nouvelles émotions, de nouvelles expériences. Entre Mélanie Doutey et Jacques Gamblin, le charme opère avec une sorte d'évidence. Et ces confidences si intimes auxquelles ils se livrent sur scène sonnent étrangement juste.

(1) Propos recueillis par Didier Roth-Bettoni en septembre 2005.
Portrait par Didier Roth-Bettoni
Paru le 15/04/2007

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