Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


Un vrai bonheur 2
Fort du succès d'"Un vrai bonheur", Didier Caron nous offre l'occasion d'en retrouver les personnages hauts en couleur dans une bonne tranche de rire et d'émotions.
Pourquoi cette suite ?
J'ai découvert que les spectateurs avaient envie de revoir ces personnages. Et comme je souhaitais retrouver mes copains comédiens, on s'est vus, on a brassé des idées et j'ai commencé à écrire. La mort dans l'âme, il m'a fallu remplacer ceux qui étaient pris ailleurs.

Vous n'êtes plus sur scène avec eux...
Dans le premier, j'avais besoin d'exorciser quelque chose, de revivre ce qui m'était arrivé avec une femme auprès de laquelle j'ai sans doute laissé passer ma chance. Là, c'est différent. Mais peut-être reviendrai-je dans le troisième... ? Denis Chérer a déjà écrit un synopsis. Ça se déroulera en thalasso mais je ne sais pas encore ce qui se passera. Repasser des jours entiers sur mon ordinateur pour retrouver ces personnages, les affiner m'enthousiasme. Ils m'accompagnent depuis quatre ans et sont presque devenus réels. Quand ils ne sont plus là, je ressens un grand vide !

Quel est votre rapport à la création ?
Partir de rien et inventer des gens, des situations, les moduler grâce aux comédiens, les amener là où je ne pensais pas m'aventurer, ça m'excite... même si je ne sais toujours pas pourquoi et comment ça arrive. J'écris facilement les trucs rigolos, mais pas les scènes d'amour. Là, je suis une vraie brêle, comme dans la vie, c'est pathétique ! Et j'aime pousser loin mes réflexions sur les relations hommes/femmes qui sont pour l'instant mon fonds de commerce. Le théâtre c'est mon exutoire. Dans la pièce, quand des amis se disent tout, c'est violent mais sans conséquence sur leur amitié. Je montre aussi deux archétypes d'hommes. L'un, menteur invétéré, n'arrive pas à changer, mais c'est un type bien. Je suis comme lui, il y a un truc que je n'arrive pas à dépasser. L'autre, droit dans ses bottes, réfléchi, intègre, est un Lino Ventura, mon idole. Il représente ce après quoi je cours en tant qu'individu. Ses valeurs sont presque féminines. Car ce sont les femmes qui ont des couilles ! Du coup mes personnages collent à ces traits de caractère, jusque dans la caricature. Mais Yvonne (la dépressive) et Jean (le soumis) sont en
dessous de leurs vrais modèles !

Avec l'adaptation de Sur la route de Madison, vous changez de registre...
En ce moment, je tente d'écrire une pièce à deux personnages sur l'holocauste et le pardon. C'est dur, violent, je ne sais pas si j'irai au bout. Sur la route de Madison c'est malgré tout plus léger. C'était ma première collaboration avec Dominique Deschamps. La deuxième sera l'adaptation de Garde à vue, toujours pas rigolo. Mais je ne quitte pas la comédie ! J'en ai écrit une sur la jalousie chez les seniors et une autre dont le héros est un menteur invétéré !

Dans la famille "Bonheur" (oui parce que ce n'est pas seulement une troupe de théâtre, c'est une vraie famille !), il y a les autres garçons, Denis Chérer, Pierre-Jean Chérer et Fred Nony, et les filles, que nous vous présentons ici.

Valérie Baurens
Aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle a toujours voulu être comédienne.


Elle a attrapé ce virus en jouant dans des films réalisés par son oncle pour occuper les nombreux cousins en vacances dans ses Pyrénées natales. Pour ses parents, et au cas où, elle fait des études sérieuses avant d'aller à Paris. En troisième année de Conservatoire d'arrondissement, elle fait deux belles rencontres. L'une la mènera vers les classiques en direction des enfants. L'autre sur les tréteaux d'une compagnie de commedia dell'arte. De "super écoles quittées pour explorer d'autres façons de travailler". Elle joue ensuite dans la série télé Blandine ou l'insoumise. Puis Didier Caron lui propose de rejoindre l'équipe d'Un vrai bonheur (1) pour la tournée et sur le tournage du film tiré de la pièce. "C'est là que j'ai joué Mathilde pour la première fois. C'est une fille entière, volontaire et passionnée qui ne peut pas se reprocher de ne pas avoir essayé. Je me reconnais en elle jusque dans ses hésitations, ses erreurs." Et d'ajouter : "C'est un challenge, je dois arriver à émouvoir un public venu, a priori, rire." Elle a aussi eu un rôle récurrent dans Plus belle la vie. "Une autre école où j'ai appris à être opérationnelle tout de suite et à apprivoiser une notoriété, aussi soudaine qu'éphémère, certes, mais difficile pour moi qui suis presque sauvage." Et l'actrice explique : "Je me bats pour ne m'enfermer dans aucun genre et jusqu'à présent je m'en sors bien. Mais j'aimerais tourner plus pour le cinéma, on y explore les personnages plus en profondeur."

Marie-Hélène Lentini
À 8 ans, elle écrivait des sketches. Depuis, elle joue les textes des autres.


Du théâtre à l'école au théâtre amateur à Perpignan en passant par le Conservatoire de Toulouse, elle a vite su que "le théâtre c'est à Paris" ! Elle y arrive voici vingt ans. Après des cours chez Yves Pignot, elle joue surtout des classiques. "Mais j'aimais par-dessus tout faire rire." C'est une comédie de Didier Bafou qui lui mettra le pied à l'étrier de l'humour. En arrivant avec elle au Mélo d'Amélie, elle rencontre toute une joyeuse bande, dont fait partie Didier Caron. Pour rester dans ce milieu, elle gagne sa vie grâce à la publicité. Puis décide de se lancer en solo. "Je suis très fière de cette 'Reine de la nuit', jouée au Point-Virgule. J'y étais enfin la foldingue que je voulais." Les trois pièces de Didier Caron lui ont ensuite donné des rôles en or. "Mère juive dans "Les vérités vraies' ou neurasthénique dans 'Un vrai bonheur', j'ai pu en faire un max tout en restant crédible : un vrai bonheur ! Surtout que cela me sert d'exutoire car, dans la journée, je suis plutôt maison et vie de famille." Elle regrette cependant que la télé ou le ciné ne lui offrent pas ce genre de personnages. "À l'image je joue souvent des femmes tristes, sévères... y a un truc qui m'échappe !" Alors, retrouver Yvonne toujours aussi dépressive même en attendant un enfant, mais qu'une pilule miracle décoince brutalement : "C'est magique une telle palette à jouer sur un seul
personnage !"

Aude Thirion
Elle voulait jouer Phèdre et débute dans Salade de nuit de Christian Dob.


"Devenir comédienne c'était accéder à une vie extraordinaire. Je pensais que je ne rencontrerais que des gens désirant changer le monde. Mais je n'ai pas évolué avec eux, sans doute n'en avais-je pas vraiment envie !" Car la scène comique ne la lâche pas depuis vingt ans. Elle apprécie alors des intermèdes comme le téléfilm La Bastide bleue où elle rencontre Pierre Cassignard ou encore Willy Protagoras enfermé dans les toilettes, pièce dont elle est particulièrement fière. "Je me mettais au service d'un grand auteur Wajdi Mouawad et d'une grande metteur en scène du subventionné doublée d'une amie, Magali Léris." Aujourd'hui, elle est Cécile "qui planque sa tendresse derrière un humour corrosif et qui a des couilles". C'est une partition grave au sein d'une comédie. "En quelques scènes intenses, en décalage avec le rire ambiant, il faut laisser transparaître toute sa profondeur. Et pourtant, c'est plus facile que la comédie où les effets comiques sont réglés au quart de poil." Et la comédienne conclut : "J'ai toujours eu de la chance, je gagne ma vie avec un métier que j'aime et qui me permet de concilier ma vie perso avec de jeunes enfants."

Valérie Vogt
Souriante et volubile, elle a du mal à rester en place, comme dans son parcours professionnel, atypique il faut le dire.


Après des études au Conservatoire national d'art dramatique, elle entre naturellement dans le subventionné jusqu'à ce que Jérôme Savary l'engage. Alors, le subventionné lui "claque la porte au nez alors qu'ensuite, tout le monde a voulu travailler avec Savary !". Viennent par la suite de nombreux tournages, ciné et télé. Et un jour, son agent lui déclare : "Tu es faite pour la comédie mais tu ne le sais pas. Tu dois rencontrer Didier Caron. Sa pièce 'Un vrai bonheur (1)' va faire un carton et toi, tu vas faire un malheur !" "Je suis arrivée dans un monde qui m'échappait totalement. Je me suis sentie comme Bambi sur la glace. Je ne pensais pas pouvoir faire rire mais le soir de la première, les rires du public m'ont fait l'effet d'un tsunami. J'en ai pleuré d'émotion !" Aujourd'hui, elle retrouve avec jubilation le rôle de Valérie, une "bonne fille sympa à deux neurones, crédule, un cœur sur pattes qui voudrait le bonheur de tous, mais enchaîne les bourdes" et un groupe extrêmement soudé, une famille. Curieuse et gourmande, elle a soif de découvertes et voudrait passer de Caron à Claudel, sans discrimination. "Pour moi chaque spectacle est comme un nouveau livre, avant de le commencer on se demande dans quel monde on va entrer."
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 04/05/2007

-
Haut