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©M.Toussaint


"Chocolat Piment"
De bien curieux ingrédients…
Une écriture dramatique mûrie pour la télévision, un apprentissage de la scène qui remonte au 'Petit Théâtre de Bouvard", puis au théâtre classique. Après "Petit Déjeuner compris", "Chocolat Piment" est la seconde pièce de Christine Reverho. Elle revient sur ses sujets d'inspiration que José Paul et Agnès Boury viennent de mettre en scène. Anne Loiret et Éric Savin, Dominique Rozan et Lysiane Meis sont, entre autres, les interprètes.
Christine Reverho
Donner des mots qui seront joués


Chocolat Piment, voilà un titre curieux...
On croit toujours que le piment c'est fort, or ce peut être doux. À l'inverse, le chocolat que l'on croit sucré, peut se révéler amer. Il en est de même des êtres, ils sont parfois ceux que l'on ne croit pas. J'ai donc écrit une pièce à rebondissements sur une réunion familiale. Un propos autour des amours que l'on croit construire et que l'on construit mal. Un bilan sur la question : «Qu'est ce que l'amour ?», bilan sur la famille, le manque de communication, ce que l'on ne sait pas se dire, le rapport entre des êtres qui se retrouvent alors qu'ils n'auraient pas dû.

Pour la seconde fois, vous vous faites l'interprète de votre propre texte...
Je ne voulais pas jouer dans la pièce. En fait, il me semble toujours impudique de jouer ses propres mots. Il est beaucoup plus facile de se laisser aller sur les mots des autres. Et je voulais aussi donner, donner à d'autres comédiens. Puis en en parlant avec José Paul, nous avons décidé que je prendrais un petit rôle. Je suis surtout heureuse d'avoir écrit des mots qui soient joués. Un travail d'artisan, en somme.

Quel a été le point de départ de votre inspiration ?
Un ami est venu me voir un jour. Il était dans une panique terrible à la suite d'un mot reçu d'un de ses amours d'enfance. C'est formidable combien l'incursion du passé en amour peut révéler à quel point nous gardons de sentiments neufs...

Anne Loiret
Présenter son travail


En quoi le thème retenu par Christine Reverho vous a séduite ?
Je suis assez passionnée par ces histoires de famille. La famille, c'est le fondement des êtres. Mon personnage est un agent immobilier qui trouve dans une de ses maisons à vendre une photo de son père, mais avec une autre femme que sa mère... Il est troublant de passer d'un regard d'enfant sur ses parents à un regard adulte, de voir ce que l'on n'aurait pas imaginé. Pour cette femme il y aura un avant et un après cette nouvelle ; ce n'est pas anodin, cela remet le couple de ses parents en cause.

C'est donc une véritable comédie de mœurs ?
Ce n'est ni un divertissement ni un grand sujet de société. Un théâtre sur des faits, qui regarde des phénomènes qui ont un écho en chacun. Un théâtre à la manière dont les sociologues regarderaient la société.

On vous sent pleinement heureuse sur une scène...
C'est peut être l'endroit où je suis le plus moi-même, où je me sens le mieux. Je joue quelqu'un d'autre, et c'est à ce moment que je me sens en pleine possession de mes moyens. C'est assez bizarre, comme si la scène me restituait à moi-même. Il ne risque rien de m'arriver sur un plateau, au pire, ces gens qui me regardent ne m'aimeront pas ; c'est vrai que je préférerais le contraire. Ce n'est pas si grave. Pour moi la peur n'est pas un moteur, car je ne fais que présenter mon travail.

Éric Savin
Entrer dans une nouvelle famille de théâtre


Comment avez-vous goûté le travail avec José Paul et Agnès Boury ?
C'est la première fois que je collabore avec eux. Après plusieurs lectures, nous avons commencé à répéter directement sur le plateau, un jeu très pointu. Je n'avais jamais travaillé comme cela. Le duo que forment José Paul et Agnès Boury est très complémentaire : ils s'associent, et on a l'impression d'être dirigé par une seule et même personne, en finesse.

Appartenez-vous à une famille de théâtre ?
Voila maintenant vingt ans que je travaille avec Xavier Durringer. C'est vraiment ma famille d'origine au théâtre, et dans ce métier, il est bon d'avoir plusieurs familles que l'on aime retrouver. J'en ai quelques autres, maintenant j'ai aussi celle de José Paul, celle de ces comédiens qui ont su imposer une nouvelle façon de faire des pièces.

C'est aussi votre première pièce de et avec Christine Reverho...
Christine a écrit un texte très agréable à jouer, ses mots viennent facilement sur les lèvres, les situations sont justes, chaque personnage apporte de l'humanité. Dans cette comédie de mœurs, il y a du fond, une situation qui nous ressemble, qui fait appel à ce que vivent nos contemporains. C'est à la fois riche et étonnant.
Dossier par François Varlin
Paru le 07/02/2007

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