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D.R.


Elisabeth Chailloux et Adel Hakim
Les affinités électives
Voici plus de vingt ans qu'Elisabeth Chailloux et Adel Hakim suivent un même chemin d'artistes et de meneurs de compagnie. S'ils partagent aujourd'hui la direction du Théâtre des Quartiers d'Ivry (qui a obtenu, en 2001, une mission de préfiguration de Centre dramatique national), c'est séparément qu'ils mettent en scène les deux premiers spectacles de cette rentrée théâtrale ivryenne : "La Fausse Suivante" et "Après Pasolini".
Quel sens donnez-vous à votre direction binomiale du Théâtre des Quartiers d'Ivry ?
E. Chailloux : Le sens de la complicité et de l'entente qui nous unissent. Nous travaillons l'un avec l'autre depuis 1984, année de la fondation de notre compagnie, le Théâtre de la Balance. En fait, cette forme d'association artistique nous permet d'échapper à l'enfermement que constitue la fonction de metteur en scène. Parce qu'une fois que l'on se met à créer des spectacles, plus personne ne vous considère comme comédien, plus personne ne vous offre la joie immense de «faire l'acteur». Finalement, se retrouver tous les deux à la tête d'un théâtre, c'est se réserver, lorsqu'un rôle le permet, cette possibilité-là. Celle de monter sur scène, de jouer en toute liberté, comme un simple acteur parmi les autres, sans avoir le poids de la mise en scène sur les épaules.

Comment êtes-vous arrivés à Ivry-sur-Seine ?
A. Hakim : En 1984, lorsque Philippe Adrien dirigeait encore le Théâtre des Quartiers d'Ivry. C'est lui qui, le premier, nous a donné notre chance en nous accueillant pour deux mois dans son théâtre. Nous avions carte blanche. C'est à la suite de cette résidence qu'Elisabeth a mis en scène La Surprise de l'amour de Marivaux, un spectacle dans lequel nous jouions tous les deux et qui a été un très grand succès. Et puis, en 1992, la ville nous a demandé de prendre la succession de Catherine Dasté, qui avait elle-même succédé à Philippe Adrien. Ce fut vraiment un grand bonheur de venir nous installer à Ivry, auprès du public qui a soutenu nos débuts. Aujourd'hui, c'est à notre tour de donner carte blanche à de jeunes metteurs en scène comme Magali Léris, Philippe Awat ou Charlie Windelschmidt..., c'est à nous de partager avec eux l'outil de travail qui nous a été confié.

Quels sont les points communs qui lient tous ces jeunes créateurs ?
E. Chailloux : Sans doute l'intérêt et l'amitié que nous leur portons. On appelle ça des affinités électives ! Ce sont tous des artistes que nous connaissons depuis longtemps. Ce que nous aimons beaucoup, par exemple, chez Magali Léris, c'est la façon dont elle fait jouer ses acteurs. Quant à Charlie Windelschmidt, nous sommes très intéressés par la recherche qu'il développe, depuis plusieurs années, sur la vidéo, sur l'image, sur les nouvelles écritures scéniques. C'est à lui que nous avons confié l'ouverture du Studio Casanova, une salle de moins de 100 places que nous souhaitons dédier à la recherche. La seule chose que nous revendiquons par rapport au soutien de ces jeunes artistes, c'est notre entière subjectivité ! C'est vraiment «parce que c'est eux, parce que c'est nous».

La Fausse Suivante
de Marivaux mise en scène d'Elisabeth Chailloux

«Après 'La Surprise de l'amour', qui met en jeu le discours amoureux, et 'L'Île des esclaves', une œuvre plus politique et plus philosophique, je pensais en avoir fini avec Marivaux. Et puis, finalement, j'ai décidé de mettre en scène 'La Fausse Suivante'. C'est pour moi une façon de clore la boucle. Car ce texte possède la particularité de réunir les deux thématiques de mes deux premiers Marivaux. 'La Fausse Suivante', c'est en effet le croisement de la guerre des sexes et de la lutte des classes, c'est la révolte des humiliés contre les maîtres et celle des femmes contre les hommes.» E. Chailloux

Après Pasolini
texte et mise en scène d'Adel Hakim

«Loin d'être un hommage à Pasolini - ce qu'il aurait sans doute détesté -, ce spectacle, tout en interrogeant la radicalité douloureuse et sulfureuse d'un poète, tente d'appréhender, de faire percevoir notre début de XXIe siècle à travers le regard critique, polémique, toujours dérangeant, souvent irritant parce qu'extrême et ambigu, d'un des grands esprits du siècle révolu. 'Après Pasolini' a pour origine la question suivante : 'Et qu'aurait dit Pasolini du monde d'aujourd'hui ?' L'artiste que l'on verra sur scène n'est pas Pasolini. Il s'agit d'un poète espagnol fictif qui pourrait aussi bien être Pasolini que Jean Genêt, Federico Garcia Lorca ou Mahmoud Darwich.» A. Hakim
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 31/01/2007

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