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D.R.


Vincent Viotti
En 1748, Carlo Goldoni jouait déjà avec les stéréotypes nationaux européens avec sa pièce, «La Veuve rusée», dans laquelle une jeune femme, courtisée par quatre prétendants d'origine espagnole, française, anglaise et italienne, se prête au jeu de l'amour et du hasard. Vincent Viotti en propose une adaptation sur tréteaux au Théâtre 13.
L'intemporalité de cette pièce a-t-elle de quoi fâcher Bruxelles ?
Aujourd'hui, le sujet serait peut-être traité de manière austère comme un frein à l'Europe. Goldoni joue quant à lui avec les archétypiques nationaux et le public s'amuse de ces artifices comme s'ils étaient toujours d'actualité ! Cette pièce est le premier classique à aborder la question des nationalités et le fait à travers des comportements amoureux : nulle question de politique !

Venise et son carnaval sont-ils au programme ?
Nous serons bien sûr dans le théâtre de tréteaux dont les différents éléments symboliseront Venise et ses ponts. Goldoni écrit cette pièce au moment où il aborde sa réforme du théâtre italien. On l'associe souvent à tort à la commedia dell'arte : en réalité, il a un peu flingué le genre, notamment en imposant des textes entièrement écrits.
La Veuve rusée est aussi l'une de ses premières comédies de caractère : une femme indépendante qui gère seule sa vie amoureuse.

Pourquoi avoir fait du théâtre de tréteaux le fer de lance de la compagnie Cathar6 ?
Ce genre nous met en face de la fonction théâtrale qui est aussi d'être montée sur la place publique pour toucher l'audience la plus large possible. Curieusement, les Arts de la rue, à la recherche de concepts novateurs, ne s'intéressent guère à cette forme classique malgré l'intérêt qu'elle suscite : notre dernier spectacle, Panem et Circenses, mettait en scène la décadence télévisuelle à travers la décadence romaine, les personnages finissaient par s'entretuer et nous incitions les spectateurs, qui applaudissaient à tout rompre, à ne plus regarder la télé !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 19/01/2007

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