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D.R.


Jeanne Hoffstetter et Patrice Ducher
Ils ont tous les deux pris leur plume pour rendre hommage à un comédien disparu. Jeanne Hoffstetter et Patrice Ducher répondent à nos questions concernant leurs ouvrages respectifs sur Pierre Clémenti et Bernard Noël.
Qu'est-ce qui vous a décidés à entreprendre ces ouvrages ?

Jeanne Hoffstetter : Le sentiment, après avoir fait la connaissance de Pierre Clémenti, d'être passée à côté d'un acteur d'exception porté aux nues par tous ceux qui l'ont fait travailler. Mais, aussi, le questionnement que suscitait en moi le destin tragique qui s'acharnait sur l'homme le plus libre que j'aie jamais rencontré.

Patrice Ducher : Un comédien ne meurt que si on l'oublie. Surtout s'il a consacré en partie sa carrière au théâtre, art éphémère. J'ai donc voulu traquer et retenir cette mémoire en fuite, en conduisant une enquête de dix ans auprès de proches de Bernard Noël ainsi que de comédiens qui avaient joué avec lui.

Quand et comment avez-vous découvert les artistes dont vous investissez l'existence ?

J. H. : J'ai découvert Pierre Clémenti après ma première vraie rencontre avec lui, dans les années 1980. Puis, ensuite, à travers nos conversations, nos lectures, les nombreux films auxquels il a participé, tournant le dos "au cinéma des banquiers", comme il disait. En le voyant au théâtre se livrer à des improvisations de poète fulgurantes, lorsque subitement la mémoire lui faisait défaut. À travers les films underground qu'il a lui-même réalisés...

P. Ducher : L'envie de connaître la vie de Bernard Noël m'est venue après avoir regardé une rediffusion de Gaspard des Montagnes, un soir de 1986, alors que j'avais 23 ans. C'est sa prestation de beau et vaillant garçon, défenseur endiablé des bonnes causes contre les mauvaises, de la veuve et de l'orphelin, qui m'a donné envie de tout savoir sur sa carrière et sa personnalité.

Quelle forme de narration avez-vous utilisée ?

J. H. : Récit, roman, biographie, confidences... À l'instar de Pierre Clémenti, j'ai choisi la liberté. Une façon de le rendre à la vie au lieu de l'enfermer entre les pages d'une biographie traditionnelle. "Je veux que la vie sorte des livres", disait Artaud, qu'il admirait.

P. Ducher : Je donne la parole à de nombreux amis et partenaires de Bernard Noël : Henri Virlogeux, François Chaumette, Claude Rich - qui signe la préface de mon livre -, Rosy Varte, Martine Sarcey, Marcel Bluwal... Je cite également des extraits d'interviews ainsi que des dialogues de films, créant des correspondances entre l'acteur qu'il était et ses personnages.

Si les comédiens auxquels vous rendez hommage pouvaient les lire, qu'aimeriez-vous qu'ils vous disent à propos des écrits que vous leur consacrez ?

J. H. : "Tu m'as rendu la vie, mon ange. J'avais confiance, ton livre est beau. Je te l'avais dit : je finis toujours par renaître !"

P. Ducher : J'aimerais entendre son merveilleux rire, à la lecture de quelques anecdotes dont il se souviendrait sûrement et qui l'inciterait à m'en confier d'autres. Et puis, surtout, j'aimerais qu'il me dise qu'il a remonté agréablement la mémoire du temps en compagnie d'amis qui ne l'ont pas oublié.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 10/01/2007

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