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©Guillaume Loiseau


Andrée Deissenberg
Directrice du Crazy Horse
Le mois dernier, nous faisions découvrir le Crazy Horse à deux de nos adhérents. Depuis qu'Andrée Deissenberg en a repris les rênes, ce temple de la volupté veut montrer plus que jamais qu'avant d'encanailler les hommes, il est d'abord un lieu dédié à la femme.
Cinquante-cinq ans d'existence, 47 filles réparties sur 3 continents, mesurant toutes entre 1,66 mètre et 1,73 mètre, qui utilisent chaque année 300 tubes de rouge à lèvres, 2 500 bas et 500 litres de maquillage. Voilà pour les chiffres, et nous en resterons là.

Le Crazy Horse, cette petite salle nichée au fond de l'avenue George-V est avant tout le symbole du glamour. Des danseuses aux patronymes croquignolets y ont dévoilé leurs hanches, leurs seins et leurs tailles impeccables. Bertha von Paraboum, Polly Underground, Cinda Pellicula et, bien sûr, Lova Moore y ont levé la jambe et revêtu le bonnet à poils de la garde britannique. Les formes délicieusement parfaites de toutes ces filles "ne sont là que pour célébrer la sensualité", tient à préciser Andrée Deissenberg. On est très loin de Pigalle et c'était une volonté délibérée du père fondateur, Alain Bernardin. Les corps sont dénudés mais rapidement revêtus de projections de lumière, les transformant en œuvres d'art du nu. Car c'est là tout l'esprit du Crazy Horse : faire évoluer de très jolies femmes dans de petits tableaux sexy "qui sont comme autant d'amuse-bouches pour le spectateur".

C'est donc presque un apéritif coquin que l'on déguste avec le numéro Champagne Taste où une jeune beauté un peu saoule chante sur un play-back qu'elle sera décidément trop bien pour ce garçon qui la convoite. Les revues, elles, mutent plus qu'elles ne changent. En 2004, le Crazy inaugurait Taboo, son nouveau spectacle. Celui-ci a évolué au gré des années. Dernière trouvaille de la nouvelle direction : y intégrer des happenings quatre ou cinq fois par an. Les filles feront un peu de place sur la scène pour accueillir des guest stars ou organiser des lectures. En octobre, c'est l'épouse de Marylin Manson qui inaugurait la série. La sulfureuse Dita von Teese, créature ultra-sophistiquée qui a poussé le strip-tease au rang d'art majeur, a repris un numéro qui a fait le succès du Crazy Horse dans les années cinquante en s'effeuillant tout en prenant son bain. Et pourtant, malgré tous ses atouts, le club d'Alain Bernardin souffre encore d'idées préconçues, au premier rang desquelles il ne serait qu'un refuge à touristes étrangers : "C'est faux", rectifie Andrée, "60 % des spectateurs sont français et l'erreur des Parisiens, c'est de penser que le Crazy sera toujours là, un peu comme la tour Eiffel, alors pourquoi y aller maintenant ?". Et pourtant, entre les formes de la dame de fer et celles des dames du Crazy Horse, le choix devrait être vite fait.

D'où vient le nom des danseuses ?
Un comité de trois personnes se réunit à chaque nouvelle arrivée et imagine un nom en rapport avec les caractéristiques de la nouvelle recrue, son physique, ses origines, son attitude... Dernière trouvaille : une jeune Russe au regard qui tue. Elle fut baptisée Eva Kalachnikov.
Portrait par Frédéric Maurice
Paru le 04/12/2006

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