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D.R.


Ariane Ascaride
Dans "La maman Bohème" suivie de "Médée"
À l'image de Jeannette, qui lui valut le César de la meilleure actrice en 1998, Ariane Ascaride se révèle naturelle et touchante. Si elle se définit comme "une souris timide", elle est de celles qui, à l'instar des personnages de
La Fontaine, osent se montrer quand il s'agit de dire que "la raison du plus fort est toujours la meilleure", et que sous les paillettes de notre monde contemporain, tous les combats sont encore à mener.
Il est des auteurs que l'on taxe volontiers d'anarchistes pour effrayer leurs lecteurs potentiels tandis que les messages qu'ils délivrent sont en réalité destinés à stimuler les consciences endormies. Ce fut le cas de Dario Fo et Franca Rame, figures révolutionnaires de l'Italie des années 70. Au théâtre de La Commune, Didier Bezace leur rendra hommage à travers deux de leurs textes qui mettront en scène la talentueuse Ariane Ascaride : "Je voulais travailler depuis longtemps avec Didier. Son travail a chez moi une résonance intellectuelle et politique, doublée d'un sens profond de la responsabilité de ce qu'est l'acte théâtral. Je me sens particulièrement interpellée et impliquée par 'La Maman bohème' et 'Médée', car, en plus d'être irrésistiblement drôles, ces textes traitent de la condition des femmes qui n'a pas tellement évolué depuis. Les jeunes femmes ont l'impression que leur liberté est naturelle alors qu'elle est le résultat de luttes de générations précédentes. Défendre l'identité de la femme est fondamental à l'heure où notre société régresse considérablement. S'il en est recouvertes de noir et murées dans leur maison, il existe des milliers d'autres façons d'enfermer les femmes : le fait qu'elles soient les plus touchées par le chômage, ou cette pression sociale, valable également pour les hommes, qui nous étouffe en permanence dans cette angoisse de vieillir et de grossir pour mieux museler nos corps et nos esprits." Deux textes qui font écho à ces préoccupations et qui posent également un regard sur le statut de mère : "Ce n'est pas parce qu'on n'est pas une mère qu'on ne peut pas être une femme, et inversement. Or cette question n'est toujours pas réglée." Sur scène, Ariane fera son apparition dans un confessionnal : "Mon personnage est poursuivi par des carabiniers pour abandon de domicile et s'est réfugié dans une église ! Elle va nous raconter comment elle en est arrivée là. À la fin de sa confession, le prêtre l'invite à s'enfuir par un tunnel. Le décor bouge et nous la retrouvons dans une cuisine équipée où elle devient Médée. Franca Rame se sert d'une transcription populaire italienne de ce mythe pour expliquer ce qu'est perdre son mari pour une autre femme et comment les enfants peuvent être utilisés comme un joug... Je suis connue pour mes personnages de mères alors que j'ai toujours tenu à ne pas être qu'une mère pour ne pas faire peser sur mes enfants le poids de mon sacrifice de femme." Animée par son combat, Ariane est en train d'écrire un scénario sur la condition des femmes avec Marie Desplechin : "J'aimerais que les gens se réveillent car on est en train de leur préparer un avenir terrible."
Portrait par Alain Bugnard
Paru le 24/11/2006

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