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Christian Siméon
©Vincent Flouret


"Le Cabaret des hommes perdus"
Au Théâtre du Rond-Point
Pour sa rentrée théâtrale, le metteur en scène Jean-Luc Revol, à qui l'on doit le récent "Vincent River", s'est fixé une véritable gageure : réunir quatre comédiens majeurs de la comédie musicale française pour un véritable moment de cabaret, à la fois féerique et cauchemardesque, résolument gay, et ce, dans l'un des théâtres les plus prestigieux de la capitale.
Christian Siméon, l'auteur

Sculpteur et auteur dramatique, Christian Siméon signe, après Landru et fantaisies, sa deuxième collaboration avec Jean-Luc Revol (mais en tant que comédien dans le cas précédent) : "Ce qui m'a convaincu, dans un exercice où il faut utiliser tous les poncifs et, en même temps, aller vers quelque chose d'extrêmement théâtral - puisqu'il est question du sida et d'une certaine folie -, c'est la rencontre avec les comédiens. Je me suis totalement inspiré de leur personnalité pour chaque rôle. C'est un sujet assez subversif et de fait militant. Aussi ai-je opté pour un ton décalé. J'ai essayé de faire quelque chose d'insolent qui mélange le noir et le rose. L'histoire se déroule par séquence, par numéro. À chaque tableau, correspond une chanson, toutes composées par Patrick Laviosa. Nous revendiquons l'héritage de la comédie musicale et de la revue. La musique ne se limite pas à un registre particulier, ça va du boléro au twist, en passant par la chanson réaliste."

Denis d'Arcangelo : le Destin

Notamment créateur de la truculente Madame Raymonde, Denis d'Arcangelo est le maître de cette cérémonie baroque : "Mon personnage principal est celui du Destin, le tireur de ficelles de cet improbable cabaret, situé dans un autre espace-temps. Il administre les fins de vie de ses visiteurs. Celle qui nous intéresse aujourd'hui est celle de Dickie. Je lui souffle le secret de la gloire, quelles marches il doit gravir pour avoir de l'argent, de la notoriété et du sexe : il deviendra star du porno gay. Avec la complicité des deux autres habitants du cabaret, nous allons incarner les acteurs possibles de cette vie-là. J'incarne ainsi Bandolina Ruth, réalisateur(trice) de films X, et Marpessa, une vieille star sur le déclin, également jouée par Lullaby, la transsexuelle du lieu. Ce sont des masques que l'on se repasse les uns les autres pour accompagner cette descente aux enfers dans ce lieu entre réalisme et mythologie où les destins s'embrasent jusqu'à complète consumation."

Alexandre Bonstein :
la victime du Destin

Comédien et metteur en scène de talent, à qui l'on doit notamment les savoureux Créatures et Hors-la-loi, Alexandre Bonstein est l'objet de toutes les convoitises : "Dickie est un paumé qui suit les directions que lui donne son Destin : il mourra du sida. Autrement dit, grandeur et décadence d'un hardeur qui se brûle les ailes sur un fond coloré et dérisoire. Dick fait sa carrière grâce à son sexe énorme. Nous avons créé une prothèse pour que j'aie l'air d'avoir un sexe monstrueux ! On est proche du délire de Créatures qui entrait et sortait du réalisme à tout bout de champ, mais, ici, on touche un fond douloureux : on parle de mort, de décadence, de malheur, mais en musique et avec les paillettes qui vont avec. L'écriture de Christian va aussi dans l'absurde mais d'une manière très personnelle : ça grince, ça fait plein d'étincelles !
Je suis dans une dream team !"

Sinan Bertrand : la Créature

Jeune comédien que l'on a pu voir à l'affiche de nombreux spectacles musicaux (Zapping, Cabaret, Vive Offenbach...), Sinan Bertrand est Lullaby : "Je joue la femme qui ne l'est pas depuis longtemps, la transsexuelle du lot, qui s'amuse à incarner des femmes, des drag queens, des transsexuelles qui interviennent dans la vie de Dickie. Lullaby est un peu naïve, avec le cœur sur la main. Toutefois, elle n'est amoureuse que de ses produits de beauté ! Le trait principal qu'on m'ait donné étant 'cosmet' addict' ! Avec une garde-robe très fournie, j'endosse des tenues qui vont faire rêver ceux qui aiment les déshabillés vaporeux à la Marlene Dietrich, les amazones trash aventurières, et autres figures de la nuit. On me demande en général d'incarner des femmes, ce qui, au final, est un grand défi car il faut élaborer des personnages différents, la plupart féminins et suffisamment dans la finesse pour ne pas tomber dans la caricature plate."

Jérôme Pradon :
le barman romantique SM

Vedette de la comédie musicale à Londres (Nine, Titanic...), Jérôme Pradon s'est également produit dans de nombreux spectacles musicaux français (Les Misérables, Et si on chantait, Chance !...) : "Je suis le barman, tatoueur, un tantinet fleur bleue avec des zones d'ombre, et de mèche avec le Destin. Mais cette fois, je tombe amoureux de la victime et rêve de vivre avec lui... et, accessoirement, de l'attacher pour mettre en pratique mes fantasmes SM ! J'incarne aussi un hardeur (dont on ne sait pas s'il est homo ou hétéro), en fin de carrière, un peu fatigué et qui n'arrive plus à bander. Il lui faut des trucs excitants et l'organe de Dickie fera son effet. Je fais aussi un coach vocal très efféminé, très flamboyant. Ces trois personnages se situent sur une palette assez large. Je ne suis pas fait que pour les rôles romantiques : j'aime aussi la subversion."
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 11/09/2006

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