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D.R.


Benjamin Boyer
“Synopsis” et “Squash”
À partir du 20 septembre, Benjamin Boyer se produira au Petit Montparnasse au côté de Robert Plagnol et sur une mise en scène de Patrice Kerbrat, dans deux courtes comédies du dramaturge anglais Andrew Peyne.
D'un naturel discret, Benjamin Boyer évoque ces figures authentiques de comédiens de troupes, désireux de soutenir des projets collectifs sans se soucier des sirènes de la gloire et de la notoriété : "J'adore travailler avec des compagnies. Ce qui compte, c'est la force du groupe qui fait que le projet a un corps et un esprit, et que nous sommes solidaires et heureux d'être ensemble." Benjamin fut ainsi de l'aventure avant-gardiste du Barbier de Séville, mis en scène par Ladislas Cholat au Vingtième Théâtre ce printemps dernier, sous les traits du comte Almaviva : "Je n'avais jamais été celui qui devait faire rire et j'ai été très heureux que l'on me propose un rôle comique quand on m'offre le plus souvent des personnages accablés, fragiles." Nous le retrouvons à l'affiche de Synopsis et Squash, deux créations initiées par Robert Plagnol : "Nous nous sommes rencontrés aux Molière il y a quatre ans quand nous avions tous deux été nommés dans les 'Révélations'. Robert travaillait alors à la traduction de ces deux pièces." Deux comédies, d'environ cinquante minutes parlant de "la fidélité aussi bien en amour qu'en amitié et posant la question suivante : peut-on être fidèle à soi-même tout en étant fidèle aux autres ? Ce sont deux pièces jumelles. La première introduit deux auteurs de sitcom. Mais l'un d'eux veut écrire un scénario de cinéma et finit par lâcher son copain. La seconde met en scène deux hommes mariés et pères de famille. L'un essaie d'entraîner l'autre dans sa débauche sexuelle après une aventure extraconjugale. Nous nous situons entre la comédie et le drame psychologique. Je trouve ces textes très drôles, très british, très riches, très profonds, merveilleusement agencés." Parmi les rôles qui l'ont le plus marqué, Benjamin évoque Bent mis en scène par Thierry Lavat : "C'est un rôle que j'ai eu du mal à quitter, d'autant que nous avons joué cette pièce avant et après le 21 avril 2002. S'il y a eu des avancées pour l'homosexualité, il n'en demeure pas moins qu'il y a encore beaucoup de travail à accomplir au regard des réactions violentes que nous avons enregistrées. Je suis très fier d'avoir été de ce combat. C'est essentiel pour moi de défendre une cause. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi ce métier. Je ne vois pas le théâtre autrement que politique, d'autant que j'ai la sensation que nous vivons une dérive démocratique et que nous sombrons insidieusement en dictature. J'ai très peur de l'avenir face à ce pouvoir économique auquel le pouvoir politique ne peut mettre aucun frein. Notre génération n'a guère son mot à dire sur la scène politique, mais j'espère tout du moins, par le théâtre, participer à la prise de conscience."
Portrait par Alain Bugnard
Paru le 13/10/2006

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