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D.R.


Les metiers du théâtre : Attaché de presse
Nicole Herbaut de Lamothe
On a dit d'elle qu'elle était "la plus grande": sa brillante carrière et sa longue silhouette l'attestent. Elle porte sur elle l'élégance de son travail. Les stars qui l'ont choisie comme attachée de presse ne s'y sont pas trompées. Vibrant et vivant pour les artistes qu'elle défend, infatigable bosseuse, sa seule fierté est le succès de leurs spectacles.
Quelle est votre conception de ce métier ?
C'est tout d'abord un choix de ma vie, un sacerdoce plus qu'un métier, où l'on s'oublie soi-même pour s'occuper des autres. Rester dans l'ombre pour les mettre dans la lumière. Un artiste, c'est avant tout un être humain. Et parfois la frontière entre l'attachée de presse et l'amie devient ténue, tant je m'investis et, finalement, ne fais plus la différence. Ce sont avant tout des rapports humains, et dans ce métier c'est primordial.

Êtes-vous alors plus du côté des artistes que de celui des journalistes ?
De tous les côtés à la fois ! Je défends et protège les artistes, tout en restant à l'écoute des journalistes. Il faut être un médiateur. Lorsque l'on a une affiche-vedette, on sait très bien que la presse va se jeter sur nous, qu'il faudra faire un tri, négocier, voire imposer ce que l'on souhaite pour préserver l'artiste. En revanche, s'il s'agit de nouveaux talents encore peu connus, ou lorsque je travaille pour des théâtres nationaux sur des projets moins médiatiques, le rapport avec la presse est différent. Il faut aller chercher chaque journaliste... Et ne pas lâcher prise.

Qui vous a formée à ce rôle ?
J'ai d'abord été journaliste à Paris Match et Télé 7 jours. Comme j'avais accompagné différents festivals et Jean Marais dans Le Roi Lear, qui arriva au théâtre de l'Athénée, je fus engagée par Pierre Bergé en 1979 comme attachée de presse. J'ai alors rencontré des êtres d'exception qui m'ont enseigné l'exigence et la rigueur. Je pense à Poiret, Maillan, Dux, Seyrig, Feuillère, Hirsch, Bouquet, Sami Frey, Polanski, Ardant, Arias, Malkovich, y compris de grands directeurs comme Danièle Cattand, François Chantenay, Félix Ascot, Micheline Rozan et Jacqueline Cormier... Ils ne supportaient pas l'erreur, demandaient l'extrême, et je le leur fournissais.

Qu'est-ce qui a changé dans cette profession ?
Il y a plus de médias, plus de pièces, plus de salles et plus d'attachés de presse. Mais, surtout, il existait une grande loyauté dans les rapports professionnels, une confiance. Maintenant il y a ceux qui oublient et qui n'ont plus cette fidélité. Après trente ans de bons et loyaux services, je me demande si l'authenticité et la qualité payent... Je suis comme Bette Davis qui a été obligée de passer cette annonce " Actrice oscarisée, cherche travail " ; je recherche de nouveaux projets !
Interview par Bruno Perroud
Paru le 14/09/2006

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