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D.R.


"Dévorez-moi"
Cannibal story
Fort du succès de "Tout bascule", et toujours en quête de sujets efficaces et innovants, Olivier Lejeune a décidé de s'emparer, pour sa nouvelle création, d'une thématique pour le moins inattendue : celle du cannibalisme ! Très librement inspirée d'un fait divers, "Dévorez-moi" met en scène un chef de renommée mondiale sous l'emprise du rédacteur en chef du guide "Lichemin" : selon qu'il exaucera ou non le fantasme du critique gastronomique - savourer de la chair humaine -, le restaurateur se verra attribuer ou retirer une étoile ! Notre cuisinier se met donc en quête d'un cobaye sur Internet prêt à satisfaire cette expérience culinaire...
Pourquoi vous être intéressé à un sujet aussi tabou ?
Quand on sort d'un succès comme Tout bascule, il faut un sujet fort qui dépoussière un peu le Boulevard : trouver des idées non exploitées et ne pas copier ce qui a déjà été fait. Lorsque j'ai découvert le fait divers de l'ogre de Rothenburg, j'ai tout de suite imaginé en faire une comédie, d'autant que le thème du cannibalisme est quasiment absent du répertoire théâtral, hormis deux drames médiévaux et une pièce de Jean-Michel Ribes avec Jacqueline Maillan, La Cuisse du steward. Je me suis toutefois demandé comment j'allais m'en sortir avec un tel sujet ! En province, beaucoup de responsables culturels, effrayés, ont refusé la pièce. Mais devant son succès, ils la réclament ! Car on est vraiment dans la grande comédie italienne grâce aux talents des comédiens. On s'aperçoit tout de suite que c'est tout public et que ça n'est pas trash. Et on rit beaucoup !

Comment réussissez-vous à ne pas traumatiser le spectateur ?!
Il n'y a rien de sordide. On ne parle ni de mort ni de charcuterie. Tous les personnages sont sympathiques : la folle qui a répondu à l'annonce ne sait pas ce qu'elle veut, le chef est pris dans un engrenage et ne réalise à aucun moment l'horreur de la situation et les deux autres personnages ne sont pas au courant de ce qui se trame vraiment ! Il n'y a pas de machination morbide. Personne ne veut la mort d'autrui. Et la pièce est rythmée par une foule de gags visuels.

Vous incarnez l'ogre !
Il a ce fantasme, lui qui a tout goûté, de savourer de la chair humaine, mais attention, mitonnée par un grand chef ! Cela me change de jouer un personnage diabolique et me plaît assez car l'humour acide est un peu ma marque de fabrique ! Mais la morale est sauve : à la fin de la pièce, je suis bien puni pour ma gourmandise !

Virginie Pradal est Katerina Krochnokov

Il fallait bien un nom à coucher dehors pour répondre à une telle annonce sur Internet et, surtout, le talent comique d'une comédienne comme Virginie Pradal pour incarner une figure aussi désespérément folle ! "Ce rôle est un des plus beaux cadeaux que l'on m'ait offert ! Ce personnage est totalement déjanté, ce qui est loin de me déplaire ! Cette femme cherche par tous les moyens à se foutre en l'air pour retrouver son mari, son Marcel, mort il y a une dizaine d'années. Son drame est qu'elle se rate à chaque fois, y compris dans la pièce, où elle foire plusieurs tentatives de suicide ! Ce qui me plaît chez ce personnage, c'est sa démesure, sa folie. Je crois que je suis faite pour les rôles délirants, les femmes insensées ! Et je m'en donne à cœur joie ! Fantaisiste jusqu'aux bouts des ongles, habitée par cette petite touche de légèreté fort appréciable en ces temps de réalisme libéral, Virginie se revendique plus que jamais comédienne de boulevard : "Tant pis pour ceux qui pensent que c'est un genre mineur ! C'est un art de faire rire et pour moi un grand honneur d'être classée dans les tempéraments comiques ! On me demande de plus en plus de jouer des allumées et j'espère que l'énergie qui m'anime me permettra le plus longtemps possible de faire "le clown" au sens noble du terme ! De superbes rôles m'attendent : c'est écrit dans mon thème astral !" Incontestablement placée sous le signe de l'humour - ce qui ne l'a pas empêchée de composer des rôles dramatiques -, la carrière de Virginie a débuté aux côtés de Roger Nicolas et Pierre Doris. Suivront des collaborations à la Comédie-Française avec Michel Aumont, Jean-Louis Barrault, ou encore Maurice Béjart, au cinéma avec Étienne Chatiliez (Tatie Danielle) et à la télévision avec AB Productions (Les Filles d'à côté). Il était donc presque naturel que son parcours finisse par croiser celui de cette autre figure emblématique du rire : "C'est ma deuxième collaboration avec Olivier Lejeune. Nous ne nous connaissions pas avant de jouer 'Ma femme est folle'. Nous nous sommes tout de suite entendus sur scène. C'est un vrai auteur doublé d'un perfectionniste qui continue à retoucher un spectacle au bout de la 100e représentation !"
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 31/07/2006

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