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D.R.


Sébastien Azzopardi
pour “Le Tour du monde en 80 jours”
Toujours à l'affiche de "Faisons un rêve" à la Comédie-Bastille, Sébastien Azzopardi propose également une adaptation de l'œuvre de Jules Verne au Lucernaire.
Beaumarchais, Rabelais, Lafontaine, Voltaire, Guitry... Depuis près de dix ans, Sébastien Azzopardi offre à entendre les mots de grands auteurs : "Ces dix dernières années, mon désir était de servir les classiques pour montrer au public que ces œuvres ne dormaient pas dans du formol." Des Classiques contre-attaquent au Barbier de Séville en passant par Faisons un rêve, le succès fut à chaque fois au rendez-vous. Certainement car ce jeune metteur en scène débordant d'inventivité sut, au détour de l'humour - et avec la délicatesse et la générosité qui le caractérisent - exalter la pertinence et l'actualité de ces textes intemporels. Toujours inspiré par ses sources littéraires, Sébastien se fixe cette fois-ci une véritable gageure, Le Tour du monde en 80 jours sur la scène intimiste du Lucernaire, tandis que Jules Verne en avait proposé en son temps une adaptation à grand spectacle. "Avec l'aide de Sacha Danino, mon défi fut de transposer chaque scène d'aventures en scène de comédie plus ou moins décalée. Les protagonistes sont d'ailleurs de vrais personnages de théâtre. L'opposition entre le Français et l'Anglais est très amusante. Phileas Fogg est très distant, très détaché, tandis que Passepartout est plus investi et passe par tous les sentiments." Sur scène, cinq comédiens se partageront la vedette, endossant les différents personnages de cette épopée.
"Les décors et la musique marqueront les pays traversés. Il y aura une autre scène sur la scène du Lucernaire : le théâtre dans le théâtre, avec un côté théâtre de tréteaux, commedia dell'arte. Comme le roman de Jules Verne est dans l'inconscient collectif, nous avons utilisé ce qui est dans l'inconscient collectif pour symboliser chaque pays : un dragon pour la Chine, une apparition de Shiva pour l'Inde... On est à mi-chemin entre l'univers décalé des Monthy Python et d'Astérix. On ne se moque pas des autochtones mais des a priori que nous avons sur eux. Quand Jules Verne écrit son roman en 1872, nous sommes en plein colonialisme mais il parvient à ne jamais prôner la supériorité du Blanc sur les autres races car il est trop amoureux de ce que peut apporter une nouvelle culture à l'imaginaire." Bien qu'il s'en défende - "le théâtre doit rester synonyme de divertissement" -, on serait tenté de voir en Sébastien un metteur en scène politique, d'autant qu'il envisage, pour sa prochaine décennie, d'aborder un univers contemporain pour se confronter à "nos angoisses actuelles, difficiles à cerner" : "La chute du mur de Berlin présageait d'un monde plus sûr et serein. Mais finalement, le bloc soviétique était le garde-fou du libéralisme qui met aujourd'hui à mal nos émocraties."Un Beaumarchais qui s'ignore ? Affaire à suivre !
Alain Bugnard
Paru le 29/06/2006

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