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D.R.


“Fragments d’elle(s)”
Fanny Cottençon
C'est à un voyage littéraire en terre féminine que
nous convie Fanny Cottençon. Seule en scène, et sous
la direction de Sally Micaleff, elle évoque la Femme au travers de textes de Colette, Virginia Woolf, Simone de Beauvoir, Anaïs Nin ou encore Geneviève Brissac.
Tout un florilège de mots d'auteurs connus, moins connus et parfois même anonymes.
Pouvez-vous nous raconter la genèse de cette aventure littéraire ?
Je nourrissais ce projet depuis trois ans environ. Après avoir vu les très beaux spectacles de Dussollier, Weber ou encore Luchini, l'idée m'est venue d'offrir à entendre à mon tour les mots de grands auteurs. Pour ce faire, j'ai travaillé avec une jeune femme, Anne Rotenberg, qui assure la direction artistique du Festival de la correspondance de Grignan. Nous avons choisi les textes en partant d'une réflexion de Virginia Woolf : "Lorsque j'essaie de l'évoquer, je vois mieux que nos vies sont les fragments d'un puzzle." Ce spectacle est la réunion de fragments de tous ces auteurs, de leurs récits, de leurs romans, de leurs lettres, de leurs vies, mais également un miroir tendu à toutes les femmes... et à tous les hommes !

Quels sont les thèmes qui traversent le spectacle ?
J'incarne une femme qui est dans un croisement de vie et qui va dérouler devant nous son histoire pour renaître, peut-être. Je glisse d'un texte à l'autre par la pensée. Un mot fait rebondir sur un autre. J'évoque ainsi l'enfance, le regard d'une petite fille sur son père, le rapport à la mère, la première fois, le temps qui passe, la mort, l'amoureuse, la femme sociale, la femme trompée, la femme qui veut un enfant, celle qui n'en veut pas... Je n'ai pas de message révolutionnaire à transmettre. Juste le désir d'évoquer la femme à travers ces auteurs qui sont importantes pour moi et pour toutes les femmes. Ce qui les caractérise, c'est une vibration particulière, une résonance, qui fera mouche à différents endroits de la salle. C'est un exercice un peu particulier puisqu'il s'agit de mettre en scène des textes qui ne sont pas destinés à être théâtraux. Mais je pense que le public a besoin de ce genre d'intimité, de ces mots dits à l'oreille.

Allez-vous taquiner les spectateurs masculins ?
Je les chahuterai gentiment ! Avec Virginia Woolf, il paraît difficile de ne pas le faire ! J'y tenais d'autant plus que je suis profondément agacée d'entendre, depuis des décennies, des comédiens citer Guitry à propos des femmes ! Je souhaitais leur rendre la pareille mais à la manière de Virginia, avec élégance, et avec beaucoup d'amour !

Vous semblez entretenir une relation particulière avec les mots...
Ce sont les mots qui m'ont conduite au théâtre. Les mots qui ont du sens et de la musique. Car si le théâtre peut avoir un rôle de divertissement, il n'est heureusement pas que cela. Il remplit un rôle
essentiel et très important qui est d'apporter de la vérité.
Alain Bugnard
Paru le 03/04/2006

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