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D.R.


Le Triomphe :
cinq ans après
Le titre marcherait-il dans les deux sens ? Cinq ans après, le triomphe ! Merri, son directeur, nous dresse le bilan d'un théâtre qui fait les beaux jours des humoristes et des libres penseurs.
Qu'est-ce que votre banquier vous a dit lorsque vous avez tenté l'aventure du Triomphe ?
Il n'avait rien à me dire puisque je l'ai financé sur des fonds propres. Ce qui est un vrai luxe. C'était un pari risqué, mais réussi puisque le théâtre tourne bien et que nous gagnons de l'argent.

Qu'est-ce qui fait que le théâtre fonctionne ?
C'est grâce à la fidélisation du public. Nous nous basons beaucoup sur l'accueil. Il arrive souvent que des spectateurs viennent voir un spectacle en début de soirée, puis partent manger dans le quartier, puis reviennent plus tard, pour finalement finir autour d'un verre avec les artistes. C'est très convivial.

On aurait pu croire que c'était d'abord sur la programmation que se faisait le succès d'une salle.
Nous aimons travailler avec des productions qui ne se prennent pas au sérieux mais qui font sérieusement leur travail. D'ailleurs, à l'inverse, ce sont souvent les gens qui se prennent la tête qui finalement ne sont pas fiables.

Que sont les after et les before du rire ?
Ils ont lieu le samedi à minuit et le dimanche à 18 h 30. Dans les after viennent se produire des comiques confirmés qui font juste un sketch. C'est un peu comme un bœuf fait avec des artistes qui partagent notre esprit. En revanche, les before, lancés il y a seulement trois mois, sont des scènes ouvertes où tout le monde peut se présenter devant le public.

Où Le Triomphe puise-t-il sa différence par rapport aux autres cafés-théâtres parisiens ?
Nous sommes un café-théâtre parce que nous avons une programmation comique de sketches et de petites pièces, mais nous nous rapprochons d'un "petit music-hall" parce qu'ici on se sent vraiment comme dans un théâtre. Les sièges sont confortables, les murs sont tendus de velours rouge. Chez nous, on est bien assis. Il y a même un carré VIP de 19 places. Mais surtout, nous ne sommes pas prétentieux, nous travaillons comme des artisans. Nous jouons dans la cour dans laquelle on doit jouer. De toute façon, je ne regarde pas ce que font les autres salles : je préfère regarder ce qu'il y a dans mon assiette.

Vous n'avez pas un petit côté Jean-Pierre Coffe qui aime travailler à l'ancienne ?
Pas du tout, au contraire. Nous sommes beaucoup plus modernes que ce qu'on peut voir, notamment, sur les grandes chaînes de télé. Nous sommes beaucoup plus provocateurs et libres penseurs que n'importe quel autre lieu. C'est notamment le cas avec La Grand Messe quand nous parlons de religions. Nous relevons des dadaïstes. On ne changerait pas le sens des spectacles pour rentrer dans une médiatisation consensuelle. Et si on s'amusait seulement de soi-même, nous serions fermés, mais la salle rit, et c'est un rire qui nous satisfait. Même s'il est parfois gras, il est authentique.
Frédéric Maurice
Paru le 10/04/2006

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