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D.R.


Farid Paya
met en scène L’Épopée de Guilgamesh au Théâtre du Lierre
De mère française et de père iranien, Farid Paya arrive en France dans les années 1960, crée la Compagnie du Lierre en 1974 et le théâtre du même nom en 1980. Mêlant texte, musique et danse, ses mises en scène veulent "faire rêver le spectateur", ouvrir le champ de ses possibles plutôt qu'apporter des réponses définitives aux choses...
Farid Paya avait déjà monté cette épopée, il y a vingt-cinq ans. De façon plus abstraite, moins ancrée dans l'enfance qu'aujourd'hui. "Plus j'avance dans la vie", explique-t-il, "plus je suis touché par le côté merveilleux des choses, par la capacité d'enchantement. Je pense d'ailleurs que l'on ne peut pas réaliser un authentique travail d'artiste sans interroger constamment l'enfant que l'on a été". Ainsi, conçue pour pouvoir transporter des spectateurs de 7 ou 8 ans dans un "voyage initiatique et coloré", cette version 2005 s'organise autour d'un chœur épique duquel sortent les nombreux personnages. Travail corporel, vocal, musical : cette "re-création" du metteur en scène est l'expression la plus complète de son univers artistique. "Cela ne fait que deux siècles", développe-t-il, "que l'on a, en Occident, séparé le texte, la danse et la musique. Pourtant, chaque fois que le théâtre est né quelque part sur la planète, c'était toujours pour raconter des histoires par le biais du mot, du corps et du chant. J'ai donc simplement l'impression de revenir aux sources, en m'attachant à créer du spectaculaire. Car plus que du théâtre, j'ai envie de faire du spectacle, c'est-à-dire quelque chose de très offert au public, qui fasse fonctionner l'imaginaire, qui sollicite le spectateur à divers niveaux de sensibilité". Voilà ainsi près de trente ans que Farid Paya, au sein de la Compagnie du Lierre, se positionne dans cette forme de tradition. À travers des textes antiques (Antigone...), des textes contemporains se prêtant à l'utilisation de musique (Les Pâques à New York...), des textes qu'il a lui-même écrits (Laïos...) ou des spectacles en langue imaginaire (La Cantate rebelle...), il creuse le sillon de son travail collectif en faisant écho aux "interrogations essentielles" qui préoccupent l'Homme depuis des millénaires. "Je trouve très touchant", conclut-il, "qu'un texte comme L'Épopée de Guilgamesh, transcrit pour la première fois il y a plus de quatre mille ans, pose des questions qui continuent de résonner aujourd'hui : l'amitié indéfectible entre deux êtres, le droit pour l'homme de toucher à la nature, la quête de la vie éternelle... À l'issue de son trajet, Guilgamesh revient dans son royaume et se soumet à sa condition de mortel. Il ne cherche plus l'impossible, accepte sa vie telle qu'elle est, réalise que c'est chez lui, à Uruk, qu'est sa place. Cette fin me parle beaucoup. Car le fait de se sentir au bon endroit, quelles que soient les projections que l'on fasse pour l'avenir, est quelque chose, pour moi, de primordial."
Portrait par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 03/03/2006

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