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D.R.


Nicole Croisille
chante Nougaro, le jazz et moi
En 2002, Nicole Croisille fait le pari de la proximité, dépouille ses chansons et monte pour la première
fois sur la scène du Dix-Heures. Quatre ans plus tard,
c'est pour rendre hommage à Claude Nougaro qu'elle revient dans le théâtre-écrin du boulevard de Clichy. Pour une formule en quatuor : piano, basse, percussions, voix.
Pourquoi donner, aujourd'hui, un récital Nougaro ?
Parce que depuis qu'il est mort, on ne l'entend plus. Et qu'on n'entende plus le chanteur Nougaro, c'est très embêtant, mais qu'on n'entende plus ses textes, c'est encore plus redoutable ! Alors je me suis dit que ça ne pouvait pas continuer...

Et que vous deviez faire quelque chose...
Oui. Et puis tous les musiciens qui travaillaient avec lui, qui sont mes vieux copains, m'ont encouragée à monter ce spectacle. Ainsi que le public, à qui Claude manque beaucoup, qui n'a pas cessé de me dire que c'était à moi de le faire revivre, de reprendre ses chansons.

Comment avez-vous procédé pour sélectionner les titres que vous interprétez ?
J'ai commencé par réécouter, avec Aldo Frank, mon pianiste, l'intégral de ses chansons. Le point de départ était de choisir celles qui pouvaient être adaptées au féminin, sans travestir le texte. Parce que je trouve étrange d'être une femme et d'interpréter des chansons d'hommes en disant "je". Il fallait donc des chansons que l'on puisse mettre au "tu" ou au "il". Et puis, je reprends les chansons que le public connaît car je veux que ce spectacle soit du plaisir pour lui. Or, le plaisir passe par la reconnaissance.

Quelle est votre chanson préférée de Nougaro ?
Il y en a une que je trouve particulièrement belle, qui n'a pas fait partie de ses gros tubes parce qu'elle n'a pas été conçue pour ça... C'est presque un testament, elle s'appelle : Il faut tourner la page. C'est un texte que je trouve magnifique, que chaque être humain pourrait faire sien quand vient le moment de faire une bascule dans sa vie. Elle finit par ces mots-là : "Il faut tourner la page, aborder le rivage où rien ne fait semblant, saluer le mystère, sourire et puis se taire." C'est un véritable poème !

Vous semblez particulièrement sensible à sa langue...
Bien sûr ! Je trouve que la langue de Nougaro est de toute beauté ! Les gens ont beaucoup retenu les jeux de mots, les assonances, comme chez Gainsbourg. Mais plus que ça, ses chansons sont de la poésie pure, très moderne, à la fois très forte et très accessible.

Vous avez intitulé ce spectacle Nougaro, le jazz et moi. Il y aura donc également quelques-unes de vos propres chansons ?
Oui, durant le dernier quart d'heure, les spectateurs pourront me demander de chanter ce qui leur fait plaisir. Mais avant cela, je vais essayer de construire comme une petite pièce de théâtre dédiée à Claude, avec les mots de Claude. Car entre les chansons, je ne vais habiller ce spectacle qu'avec des phrases qu'il a écrites.
Je me suis dit que c'était la meilleure façon de lui rendre hommage.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 13/02/2006

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