Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


“Lettres de délation”
À La Comedia
L'espace La Comedia nous invite à un sombre mais salutaire voyage dans le temps : seul sur scène, François Boursier donne à entendre d'authentiques lettres de délation bavées durant l'occupation nazie. Leurs auteurs ? Des Français soucieux de redresser les injustices dont ils se sentaient les "malheureuses victimes"...
L'espace La Comedia nous invite à un sombre mais salutaire voyage dans le temps : seul sur scène, François Boursier donne à entendre d'authentiques lettres de délation bavées durant l'occupation nazie. Leurs auteurs ? Des Français soucieux de redresser les injustices dont ils se sentaient les "malheureuses victimes"...

Le comédien apparaît telle une sorte de Pierrot lunaire. Vêtu de sombre, les mains gantées et le visage fardé, il évolue de façon chaotique au sein d'un espace scénique étrange. Entre clair et obscur, cet endroit-là semble faire partie d'un autre monde. D'un monde qui s'attache à ne pas oublier les horreurs du passé, qui en conserve soigneusement les traces. Car François Boursier fait la cueillette de courriers que le temps n'a pas voulu changer en poussière. Enfilant tour à tour la blouse d'un médecin, l'étole d'un prêtre, le chapeau d'une épouse..., il tombe çà et là sur des missives lui permettant d'entrer dans la peau de ces personnes réelles. Des épistoliers qui se plaignent, qui dénoncent juifs, homosexuels, francs-maçons... ; qui exposent leurs doléances avec un aplomb et un sens du détail frôlant parfois le risible. Mais on sait trop bien où ont mené ces lignes nauséabondes pour vraiment se laisser aller à l'hilarité. À travers des compositions remarquablement inspirées, François Boursier s'attache à restituer la part d'humanité de ces "monstres ordinaires". Il effectue un précieux travail de mémoire et nous invite à la plus grande vigilance, face aux possibles
bégaiements de l'Histoire.
Zoom par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 18/11/2005

-
Haut