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D.R.


Anny Duperey
reprend Oscar et la dame rose
Retour sur les planches pour Anny Duperey qui succède à Danielle Darrieux dans les personnages multiples d'"Oscar et la dame rose" d'Éric-Emmanuel Schmitt, au théâtre de l'Œuvre à partir du 15 novembre.
A-t-on une appréhension à reprendre un rôle après une actrice mythique comme Danielle Darrieux ?
Je ne l'ai pas vue et, je vais vous dire, je m'en réjouis. Cela me permet d'arriver sans a priori, sans comparer. Parce que si l'on voit une pièce qu'on va jouer ensuite, on se dit "Là, moi je ferais comme ça, je mettrais l'accent là-dessus"... On se fait déjà sa mise en scène. Or Oscar... ce n'est pas un rôle, ce n'est pas une pièce, c'est un texte à incarner avec ce que l'on est soi-même. Ce n'est pas un personnage à composer. Ici, il faut être un conteur qui indique les tons de différents personnages. Et là, ce ne peut être que moi : il faut partir de soi, de ce qu'on ressent.

La surprise, c'est quand même que vous êtes beaucoup plus jeune que Darrieux pour jouer cette vieille dame qui vient visiter un enfant malade.
Vous savez, je commence à avoir assez de bouteille pour paraître très vieille à un petit garçon de 10 ans. Surtout, Éric-Emmanuel Schmitt souhaitait que ce soit plutôt quelqu'un de ma génération qui reprenne le rôle. D'ailleurs, cela fonctionne si bien qu'on n'a eu que deux mots à changer dans toute la pièce. Je pense qu'il avait envie de quelqu'un de plus tonique, dont l'énergie compense la dureté du texte. De toute manière, je ne pense pas que les gens compareront.

Le fait d'être seule en scène, c'est un challenge qui vous tentait ?
Je n'aime pas beaucoup les mots défi ou challenge... Mais surtout, c'est le fait d'être seule en scène qui ne me plaît pas, c'est même ce qui me plaît le moins ici ! Moi, j'adore les partenaires, j'adore les acteurs. Je fais du théâtre pour cela, cette camaraderie, cet échange, ce travail en commun. Alors autant vous dire que j'attends avec impatience le public. Ce sera lui mon partenaire.

Qu'est-ce qui est le plus difficile pour une actrice dans un spectacle comme celui-ci ?
Je vais vous dire : j'ai une mémoire d'enfer. Je lis un texte, et hop ! Mais là, c'est un texte très compliqué à mémoriser, c'est en fait une suite de textes, et c'est ce qui fait sa magie. J'y suis depuis six mois ! La difficulté, c'est qu'il ne faut pas juste le savoir, il faut en être imprégnée car ce sont les mots qui génèrent l'émotion.

C'est vous qui avez choisi Joël Santoni, le réalisateur d'Une famille formidable pour faire la mise en scène ?
Pour ce texte qui a trait à l'enfance, j'avais besoin d'un frère, d'un complice. Et l'on a beaucoup de choses en commun, Joël et moi, sur ce plan : on a été orphelins au même âge, et cette tristesse de fond que l'on partage est pour tous deux un trampoline pour la comédie. On a une telle complicité dans le travail depuis des années que je savais que je n'aurais pas affaire à un metteur en scène avec une vision préconçue, que l'on pourrait partager, discuter. C'est un spectacle où l'essentiel, c'est de partir du texte, de l'acteur. Le metteur en scène, ici encore plus que d'habitude, doit d'abord être un accoucheur pour l'acteur.
Interview par Didier Roth-Bettoni
Paru le 16/12/2005

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