Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


Olivier Marchal
Depuis "Ladies Night", pièce dans laquelle il n'hésitait pas à enlever le bas (!), Olivier Marchal, avait délaissé le théâtre pour le cinéma. Il revient sur scène avec la première pièce d'Isabelle Toledo, "Sur un air de tango" où il partage l'affiche avec Étienne Bierry et Lisa Schuster. Rencontre avec un artiste étonnant.
Entre le téléfilm qu'il tourne pour Arte et les répétitions de la pièce, pas facile de trouver un créneau dans son emploi du temps. Le rendez-vous a lieu au théâtre où il répète. La porte est fermée. Mon premier réflexe, avant de sonner, est de regarder par la fenêtre. Le Poche est un petit théâtre et de mon poste d'observation, j'aperçois la scène et Étienne Bierry, brochure à la main. Ça travaille dur. Je prends l'option de ne pas déranger. Au bout de quelques instants, la porte s'ouvre. À l'intérieur, c'est l'effervescence d'une bonne séance de travail. Le metteur en scène, Annick Blancheteau me demande si je peux lui laisser encore un peu son comédien. Renée Delmas, directrice de ce lieu où la créativité a toujours été le moteur principal, m'invite dans son bureau et nous devisons théâtre et vie. Une heure plus tard, Olivier Marchal surgit. "Je suis désolé. On y va !" Nous filons au café d'à côté, pressés par le temps nous attaquons tambour battant.

"Faut arrêter de faire des produits, faut refaire des films"
Olivier Marchal est un homme entier qui ne fait pas dans la demi-mesure. Il est heureux du succès de son film, 36 Quai des Orfèvres. Avec plus de 2 millions d'entrées, il le peut. Et si la profession l'a un peu malmené, il rappelle "Que seul le public compte !". Marchal avoue sans complexes aimer le cinéma populaire, celui de Lautner, Melville, Verneuil. "Faut arrêter de faire des produits, faut refaire des films", s'emporte-t-il. Olivier Marchal est un terrien, un homme d'action. Sa première vocation a toujours été la scène, mais lorsqu'on vient de province et que l'on a des origines modestes, il y a des rêves qui semblent inaccessibles. Mais Oliver Marchal fait partie de ces têtus, qui ne baissent pas les bras sans avoir au moins essayé. À 27 ans, il s'inscrit au conservatoire du 10e arrondissement et fait la rencontre cruciale qui change le cours de sa vie. Jean-Louis Bihoreau offre sa chance à ce jeune homme habité par la passion. "C'est mon papa de théâtre. Il m'a tout appris, les bases et la culture théâtrale, à exprimer l'amour des mots que j'avais déjà en moi." La nuit, Marchal est flic, le jour apprenti comédien. Il ne manque aucun cours. Il a soif d'apprendre. Perfectionniste, il suit pendant cinq ans divers ateliers dans lesquels il expérimente des voies moins classiques. C'est un bosseur, il sait que rien n'est simple, qu'être comédien nécessite un bon enseignement. Il y a le don, mais il ne suffit pas. Il termine avec un premier prix de comédie dans Love de Murray Schisgal.

Il avoue avoir "ramé comme tout le monde" au début. Son premier rôle au cinéma est petit, mais face à lui deux grands, Delon - Serrault. Il interprète un flic. Entre le cinéma et la réalité, il y a un monde et son expérience de flic lui sert moins que celle de comédien. La télévision lui donne sa première chance, là encore dans un rôle de policier. La série s'appelle La Guerre blanche. Il joue avec Roland Giraud. "Un grand monsieur", souligne Marchal. C'est aux Cinq Diamants, où il joue Oncle Vania de Tchekhov, qu'un directeur de casting le remarque. "C'est ce qui m'a mis le pied à l'étrier." Un bonheur n'arrivant jamais seul, c'est aussi dans ce spectacle, qu'il rencontre sa femme, la comédienne Catherine Marchal. Ensuite, tout s'enchaîne. Il ne quitte pas le théâtre. "Car c'est la base de notre métier." Il joue du Riffifoin dans les labours, Une nuit avec Sacha Guitry et Ladies Night. Il évoque cette dernière pièce avec le souvenir d'une sacrée aventure. "C'était gonflé quand même. On formait une sacrée équipe de copains unis par le même désir, celui d'être ensemble."

"Je suis un être prudent, je reste au bord du ring et j'écoute mes entraîneurs"Justement depuis Ladies Night, cinq années ont passé sans qu'il soit présent sur une scène de théâtre. "Il y a eu le tournage de mon premier film, Gangster, puis l'écriture de 36 Quai des Orfèvres, ça m'a pris tout mon temps." Il a reçu des propositions, mais rien qui ne l'emballait. "Je voulais remonter sur scène, c'est là que l'on fait notre métier. Il y a une rencontre directe avec le public. On doit se remettre en question chaque soir." Il a un projet avec le comédien Geoffroy Thiebaut. Mais si celui-ci n'aboutit pas, il le conduit à faire la rencontre d'Annick Blancheteau. "Or, il se trouvait qu'elle avait une pièce sous le coude où il y avait un rôle pour moi." La pièce d'Isabelle Toledo met face à face un fils et un père. "Une belle confrontation !" Blancheteau lui demande avec qui il aimerait jouer. "Je donne des noms, comme Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort et Étienne Bierry. Elle me répond Bierry et, là, c'est cadeau pour moi." L'affaire s'est conclue en quarante-huit heures. "On avait le comédien et le lieu." Olivier Marchal ne tarit pas d'éloges sur ce grand Monsieur du théâtre qu'est Étienne Bierry. "C'est un immense acteur. C'est un honneur de jouer avec lui et dans son théâtre. C'est un lieu chargé d'histoire, de culture théâtrale ! Étienne, c'est un terrien comme moi, on s'entend parfaitement. On croirait même que la pièce a été écrite pour nous deux." Marchal explique qu'il doit se débarrasser de ce qu'il appelle son complexe "flic/télé". "Je suis un être prudent, je reste au bord du ring et j'écoute mes entraîneurs." Travailler avec Annick Blancheteau, tout comme avec Jean Mouriere qui cosigne la mise en scène, le comble. "Avec Annick, le travail ne s'arrête jamais, y a pas de répit. On jette tout sur la table. On laisse vivre les personnages. Avec Lisa, Étienne, on forme une belle équipe." L'heure a vite tourné, il doit retourner répéter, et nous nous quittons sur
les chapeaux de roue.
Portrait par Marie-Céline Nivière
Paru le 06/10/2005

-
Haut