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D.R.


Thierry Frémont
“Au théâtre, lorsqu’on joue un grand texte, on ne peut pas se lasser”
Il a su dire stop in extremis, juste avant de s'engager dans les études scientifiques auxquelles il se destinait. César du meilleur espoir masculin et prix Jean-Gabin en 1988, Molière du meilleur comédien dans un second rôle en 2004..., Thierry Frémont respire depuis plus de vingt ans le bonheur d'avoir trouvé sa vraie voie. Dirigé par Michel Fagadau, il monte aujourd'hui sur la scène de la Comédie
des Champs-Élysées dans "Le Miroir" d'Arthur Miller.
"J'essaie toujours de ne pas refaire ce que j'ai déjà fait", avoue-t-il en faisant peser ses mots. Pas qu'il donne dans une quelconque pose, pas qu'il s'écoute parler. Non, rien de tout ça. Simplement, s'exprimer sur son métier, sur "sa passion", semble être pour lui quelque chose de la première importance. "Je n'ai pas envie de devenir un acteur bourgeois", continue Thierry Frémont, "de réutiliser toujours les mêmes ficelles. Ce qui m'intéresse, c'est d'explorer de nouvelles facettes de ma personnalité, de me mettre en danger".
Les mots viennent très naturellement, sans trop d'hésitation. Décontracté ? Disons plutôt direct. Et d'une sobriété se transformant peu à peu en cordialité. D'ailleurs, Thierry Frémont déclare ne pas vouloir faire semblant : "J'essaie de ne jamais imiter un sentiment, une émotion, de ressentir au maximum ce que je fais. L'honnêteté et le naturel sont des notions fondamentales, pour moi. Je travaille toujours en tentant de me rapprocher au plus près de ce que sont mes personnages." Lorsqu'on sait que le comédien a récemment interprété pour la télévision le rôle du tueur en série Francis Heaulme, cette profession de foi prend un sens très particulier. "Bien sûr", explique-t-il, "pendant trois secondes, l'être humain que je suis a résisté à l'idée d'aller à la rencontre d'Heaulme, de chercher à le comprendre... Mais l'acteur a très vite pris le pas sur l'homme en se disant qu'il y avait un trop grand voyage à faire, que c'était un rôle beaucoup trop intéressant pour le refuser".
Aujourd'hui, aux côtés d'Anne Brochet, Bruno Madinier, Anne Loiret, Gérard Maro et Eva Mazorick, Thierry Frémont croque une nouvelle fois au "savoureux plaisir" de la scène. "Ce qu'il y a de magique, c'est le travail d'épluchage, de décorticage des personnages. Je crois que l'on ne peut avoir une idée vraiment précise de son rôle qu'après une bonne cinquantaine de représentations ! C'est pour ça qu'au théâtre, lorsqu'on joue un grand texte, on ne peut pas se lasser."
Dans Le Miroir, il investit le rôle d'un homme dont l'épouse, sans raison apparente, se retrouve, un jour, paralysée : "Il s'agit d'une sorte d'enquête. Un médecin essaye de comprendre pourquoi cette femme est tombée malade. Il tente ainsi d'éclaircir les zones d'obscurité qui planent sur ce couple depuis plus de vingt ans. C'est une très belle pièce, de la dimension de Mort d'un commis voyageur, un texte très profond, très psychologique, qui traite à la fois de la peur de vivre, de la difficulté de s'accepter tel que l'on est, du jeu des apparences, du miroir que la relation à deux représente pour soi..."
Portrait par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 14/10/2005

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