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D.R.


Stéphane Guillon
Ça va saigner !
Deux ans après son dernier spectacle à La Main d'Or, Stéphane Guillon remonte sur les planches du Trévise
à partir du 27 septembre, dans un mélange de sketches et de stand-up. Comme pour l'Orangina Rouge, on se demande pourquoi le sale gosse de "20 heures 10 pétantes" sur Canal+ est si méchant.
La méchanceté, c'est un créneau ou une nature ?
C'est une nature, mais je préfère parler d'ironie, de décalage ou de politiquement incorrect. Je ne pourrais pas seulement être méchant, ça n'aurait pas d'intérêt. Je dois avant tout être drôle.

Quels sont vos sujets de prédilection ? Vous vous attaquez seulement aux people ou avez-vous d'autres champs d'investigation, comme la vie politique par exemple ? Y a-t-il des sujets que vous vous interdisiez de traiter ?
Non, quasiment aucun. Je trouve qu'il n'y a rien de pire que les interdits. Je peux parler de personnalités, de politique, même de pédophilie avec un sketch sur Michael Jackson. Mais je parle aussi de sujets d'habitude préservés comme les gays ou les handicapés. C'est nécessaire de se moquer d'eux pour qu'ils ne soient pas cantonnés dans un ghetto. Des handicapés sont déjà venus me voir pour me remercier de les avoir brocardés, ils avaient appréciés d'avoir été traités sur un pied d'égalité avec les autres gens. Finalement, les seuls qui protestent, ce sont souvent les valides. Le public qui me connaît bien sait également que j'adore brocarder les personnes âgées, c'est récurrent dans mes spectacles. C'est nécessaire d'être politiquement incorrect, c'est une sorte de soupape. Mais j'ai aussi un côté sale gosse.

Est-ce qu'il y a des moments où vos invités ont particulièrement mal réagi ?
On les connaît : Orlando, Castaldi et, dernièrement, Amira Casar. Ça se traduit par de la colère, mais ils vont souvent se plaindre à la production plutôt qu'à moi. Le seul qui soit venu c'est Mickaël Youn. Mais je ne me suis pas démonté et j'ai
défendu mon papier.

Vous avez déjà eu des regrets ?
D'une saison à l'autre, je suis devenu plus malin. J'ai arrêté de charger gratuitement les invités, je suis devenu plus subtil. Mais il y a notamment un papier que je regrette, c'est celui sur Michel Leeb. Je l'avais réduit à un comique troupier ; en plus il venait pour la promo d'un spectacle de jazz. Ça l'a blessé et je le regrette.

Pourquoi vous sauvez-vous toujours à la fin de vos chroniques sur le plateau de 20 heures 10 pétantes ? C'est par crainte de la confrontation ?
Je ne me sauve pas, je quitte simplement le plateau. Je suis là pour un exercice de style, pas pour parler avec les gens. D'ailleurs, s'ils veulent intervenir dans ma chronique, ils peuvent le faire, certains ne se sont pas gênés.

Qui trouve grâce à vos yeux ?
Je suis un fan de 90 % des gens que je brocarde, mais mon rôle n'est pas de les flatter. D'autres sont là pour ça.

Interview par Frédéric Maurice
Paru le 31/10/2005

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