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D.R.


Georges Beller
Georges Beller joue les psychanalystes dépressifs aux côtés d'Axelle Abbadie, Michèle Kern, Michel Derville et Stéphane Russel dans sa nouvelle création, "Trop, c'est trop !",
qu'il a coécrite avec Yvan Varco et qu'il met en scène à Bobino.
Nous vous retrouvons une fois de plus à l'affiche d'une comédie ! Faire rire, c'est une vocation ?
Je n'ai encore trouvé rien de mieux ! Pour un comédien, c'est un véritable combat : on peut faire rire un soir et pas du tout le lendemain ! Il faut absolument être dans le timing si l'on veut qu'un gag soit réussi et qu'il ne tombe pas à plat car, contrairement à une pièce dramatique, on ne peut pas s'appuyer sur un texte ou une situation. C'est un défi de tous les jours que je trouve très excitant ! D'autant que le rire permet de faire passer beaucoup de messages...

Quelles sont donc les idées que vous souhaitez défendre au travers de Trop, c'est trop ! ?
J'avais envie de parler du couple et, plus généralement, des êtres qui se parlent mais ne s'écoutent pas, et des malentendus que cela entraîne ! Je joue dans cette pièce le rôle d'un psychanalyste qui est anxieux, dépressif, prend des médicaments et qui a beaucoup plus de mal à écouter sa femme que ses clients ! Pour multiplier les quiproquos, nous avons introduit un couple qui a rendez-vous chez ce psychanalyste le jour de la Saint-Valentin après un an de retraite sentimentale, un peintre en pleine dépression car sa femme vient de le quitter et une patiente neurasthénique qui n'a personne dans sa vie ! Ce qui donne une comédie loufoque très contemporaine avec un langage très actuel. On a eu la chance de la créer en tournée. Nous avons fait plus de cent dates en France, en Suisse et en Belgique et les gens rient énormément.

Ne rient-ils finalement pas de leurs propres défauts ?
C'est évidemment une caricature de notre société qui nous rend égoïstes, introvertis, au point d'en oublier que l'autre existe. La morale de cette histoire, c'est : arrêtez de parler tout le temps, écoutez l'autre et répondez-lui ! Pour moi, ce manque de communication est vraiment la maladie du siècle. On a pu s'en rendre compte à l'échelon national avec le vote sur la constitution européenne : on a posé aux Français une question sur un traité et ils ont a répondu "non" à un président et à une politique intérieure ! Ce qui montre aussi que le gouvernement n'a pas été à l'écoute des Français ! Tous ces dialogues de sourds sont très frustrants et génèrent de la dépression.

Finalement, on pourrait parler de comédie dépressive !
Non, car les personnages sont protégés par un ange gardien qui va leur ramener le bonheur ! Mais il est vrai que si l'on parle de plus en plus de dépression au théâtre, c'est parce que la France est le pays de la planète qui compte le plus de dépressifs ! Et ça se comprend, parce que quand on est de ma génération, on voit à quel point Mai 68 a accouché d'une société effroyable...
Interview par Alain Bugnard
Paru le 26/09/2005

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