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D.R.


Henry-Jean Servat
met en scène “La Traviata”
Pour sa cinquième édition, "Opéra en plein air" a fait appel au journaliste et chroniqueur mondain afin qu'il mette en scène "La Traviata" de Verdi dans les jardins du Sénat du 22 au 26 juin. Henry-Jean Servat nous raconte l'épopée de ce "rêve insensé".
Était-ce un rêve que de mettre en scène un opéra ?
Je ne pensais pas qu'une pareille chose pût m'arriver ! C'est Tristan Duval, maire-adjoint de Cabourg, ville de Marcel Proust, qui me l'a proposée. Je l'ai rencontré lors d'un dîner en l'honneur de cet écrivain au Ritz. Nous avons sympathisé et il m'a expliqué à cette occasion qu'il organisait depuis quatre ans "Opéra en plein air" dans des châteaux d'Île-de-France. Pour la session 2005, il avait contacté Nicole Garcia qui a déclaré forfait. Quelque temps plus tard, sur le ton de la plaisanterie, il m'a demandé si je n'aimerais pas mettre en scène un opéra. Le ciel m'est tombé sur la tête ! J'ai trouvé cette proposition géniale, insensée, folle et
impossible. Je lui ai demandé vingt-quatre heures pour réfléchir car, selon le mot d'Audiard, "il n'y a que les cons qui sont d'accord pour tout, tout de suite !". J'avoue que c'était une folie ! Mais Duval m'a fait confiance et m'a fichu une paix royale : il m'a laissé faire ce que je voulais, choisir l'opéra et mes collaborateurs.

Pourquoi votre choix s'est-il porté sur La Traviata ?
J'ai une tendresse infinie pour le personnage et pour la pièce. C'est l'histoire d'une femme qui tombe, se relève et s'élève. On ne peut pas ne pas aimer Violetta. Elle a de la classe, du panache. Quand elle est amoureuse, on lui pardonne tous ses péchés. L'amour est pour elle une source de rédemption. Il y a en elle une véritable désespérance qui la pousse à aller de l'avant. C'est un personnage complexe avec des fêlures irrémédiables.

Quels partis partis ont guidé votre mise en scène ?
J'ai été critique de théâtre pendant de nombreuses années et suis un aficionado des salles obscures. Ma mise en scène sera éclairée par toutes ces œuvres dont je me suis nourri. J'ai réalisé tout un travail sur les couleurs. Je veux que cette première mise en scène soit élégante, chic, sans vulgarité, éblouissante. Comme on le faisait dans les films des années 40, j'ai réuni le gratin de la création artistique : Jacques Garcia pour les décors, Franck Sorbier pour les costumes, Robert Hossein pour les lumières, David Lévi à la direction musicale, Manon Savary comme assistante... Nous avons une double distribution, réalisée sur casting, avec prime à la jeunesse et à l'enthousiasme. J'ai réussi à obtenir les bijoux que Maria Callas avait portés lors de ses représentations à La Scala de Milan. Isabelle
Adjani donnera le coup d'envoi par un prologue et Clotilde Courau sera la marraine de la séance au Sénat.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 24/06/2005

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